Fin octobre, le taux d'inflation belge atteignait 12,3 % : le plus haut niveau depuis 1975. Remplir son caddie est devenu considérablement plus cher. Sans oublier les prix du gaz et de l'électricité, qui ont explosé. Heureusement, en Belgique, il y a l'indexation automatique des salaires. Suffira-t-elle à sauver notre pouvoir d'achat ? StepStone s’est penché sur la question et a consulté Alexis Fellahi, du syndicat chrétien flamand ACV.
Qu’est-ce que l’indexation des salaires ?
Alexis : « Les prix des biens ou des services dépassent un seuil ou ‘indice’ déterminé ? Dans ce cas, la plupart des salaires, traitements et prestations sociales en Belgique sont automatiquement augmentés. Ce système, qui remonte au lendemain de la Première Guerre mondiale, protège le pouvoir d’achat des consommateurs, même quand l’inflation et le coût de la vie augmentent. »
« Ce système protège le pouvoir d’achat des consommateurs,
même quand l’inflation et le coût de la vie augmentent. »
Qui bénéficie de l’indexation salariale ?
Il y a tout d’abord les salariés, qui bénéficient de l’indexation de leurs salaires. Ensuite, les bénéficiaires d’allocations sociales les voient également augmenter. En octobre 2022, l’indice pivot a été à nouveau dépassé ; il était supérieur de 2 % à l’indice pivot précédent.
Le résultat ? Les prestations sociales (allocations familiales, allocations de chômage, etc.) et les pensions ont été augmentées de 2 % en novembre. Quant aux salaires des fonctionnaires, ils seront indexés de 2 % un mois plus tard – en décembre.
Les salaires des fonctionnaires
seront indexés de 2 % en décembre.
Vous travaillez dans le secteur privé ? Dans ce cas, votre indexation salariale dépend de la commission paritaire de votre employeur. Cette commission paritaire est mentionnée sur votre fiche de paie. Chaque comité détermine le mode d’indexation pour ses membres, par le biais d’une convention collective. Le pourcentage d’indexation salariale peut varier considérablement d’un comité à l’autre.
|
Au sein de la commission paritaire 200 pour employés, l’une des plus grandes commissions paritaires en Belgique, les salaires sont indexés chaque année au 1er janvier. Sur la base des chiffres et des prévisions du Bureau fédéral du Plan, la prochaine indexation y est estimée à 10,84 %. |
La majorité des salariés belges bénéficiera d’une indexation salariale en janvier. Mais certains salariés passeront à côté : les personnes exerçant des professions libérales, ou les salariés d’entreprises dont la commission paritaire n’a pas de système d’indexation propre.
La majorité des salariés belges
bénéficiera d’une indexation salariale en janvier.
Alexis : « Ceux qui ne bénéficient pas de l’indexation salariale doivent régulièrement évaluer leurs salaires. D’autre part, les entreprises ou les secteurs sans système d’indexation doivent rechercher des solutions par le dialogue social, en vue d’introduire une indexation à l’avenir. »
Et s’il n’y a pas d’inflation mais de la déflation ?
En cas de déflation, il peut arriver que l’indice de référence dans certains secteurs baisse également et qu’une indexation négative soit appliquée. Les secteurs qui indexent périodiquement (voir encadré) pourraient vivre cette situation.
Quels sont les avantages de l’indexation salariale ?
Alexis : « L’indexation garantit votre pouvoir d’achat. En tant que particulier, on peut continuer à consommer, et donc contribuer à maintenir à flot l’économie nationale. Ce mécanisme garantit une croissance économique durable à long terme.
En outre, il maintient la solidarité entre les travailleurs et les secteurs. Grâce à l’indexation, vous ne devez pas forcément négocier pour voir votre salaire augmenter. Et ça, c’est important pour la paix sociale. »
« Grâce à l’indice, vous ne devez pas forcément négocier
pour voir votre salaire augmenter. »
L’indexation salariale, est-ce une mesure suffisante face à l’inflation ?
Alexis : « À l’ACV, nous tenons à préciser que personne ne s’enrichit grâce à l’indexation. Le système ne fait que corriger la perte de pouvoir d’achat due à la hausse des prix : il sert donc à éviter l’appauvrissement.
Pour de nombreux travailleurs, les salaires ne sont indexés qu’une fois par an, généralement le 1er janvier. La crise du pouvoir d’achat a déjà commencé en février 2022, juste après la dernière indexation. Ces salariés perdent donc de l’argent depuis le début de l’année, en attendant la prochaine indexation.
On est donc loin d’une augmentation de leur pouvoir d’achat. C’est pourquoi l’ACV demande plus de marge de négociation pour d’autres augmentations de salaires et pour renforcer le pouvoir d’achat. En tant que syndicat, nous continuons à plaider pour faire pencher la balance du bon côté. »
« C’est pourquoi l’ACV demande
plus de marge de négociation pour d’autres augmentations des salaires. »
Un index n’est pas l’autre…
Pour comprendre le principe de l’indexation salariale, il faut distinguer quelques termes. L’« indice des prix à la consommation » mesure l’évolution du coût de la vie pour les ménages. Les prix augmentent ? Alors l’indice augmente aussi.
L’« indice santé » n’a été introduit qu’au début des années 1990. Cet indice suit lui aussi l’évolution des prix, mais exclut 4 types de produits : les produits du tabac, l’alcool, l’essence et le diesel.
Un autre terme qu’on entend souvent est « l’indice pivot ». Cet indice est une sorte de valeur limite ou de seuil qui peut ou non être dépassé. Dès que ce pourcentage est atteint, les salaires sont ajustés.
Et qu’en est-il de l’« indice périodique » ? Il s’agit d’un indice mesuré à différents moments bien déterminés, qui ont été fixés dans une convention collective. |
Lisez aussi le blog : ‘Parler de son salaire : bonne ou mauvaise idée’
Recevez notre newsletter remplie de conseils
Vous voulez rester informé des derniers conseils de carrière ? Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque semaine des conseils pour votre carrière.