Football et job à temps plein: ces Red Flames le font

Nous interviewions les Red Flames Aline Zeler & Lenie Onzia.
Le Diable Rouge moyen gagne 200.000 € par semaine. Mais d’autres footballeurs professionnels sont obligés de combiner leur carrière footballistique avec un job à temps plein...

La semaine dernière, on pouvait lire sur VRT NWS ce que les Diables Rouges peuvent gagner à la Coupe du Monde en Russie. Des montants vertigineux pour le commun des mortels, mais aussi pour certains footballeurs professionnels. Ces derniers combinent – il le faut bien – leur carrière footballistique avec un job à temps plein.

 

Les Diables Rouges gagnent près de 200.000 euro par semaine

Si nous remportons la Coupe du Monde en Russie, chaque Diable Rouge recevra 445.000 euro. Un montant vertigineux pour le commun des mortels. Mais pour les joueurs de notre équipe nationale – qui gagnent facilement 200.000 euro par semaine – ce montant est dérisoire. Tous les footballeurs ne peuvent cependant pas espérer un salaire aussi élevé. Dans le programme de l’émission néerlandophone Op één, on pouvait par exemple voir comment les joueurs de l’équipe nationale de Gibraltar combinent un emploi à temps plein avec leurs entraînements pour les compétitions internationales.

Et c’est la même chose pour certaines de nos Red Flames, l’équipe belge de football féminin. Prenons par exemple Aline Zeler et Lenie Onzia. Elles jouent dans la compétition belge, défendent notre pays avec les Red Flames lors des concours internationaux et combinent tout cela avec un job.

   

« Départ à 7h30, retour maison à 22h30 »

Aline Zeler (35 ans), Capitaine des Red Flames. En 2016, elle a remporté la médaille de bronze lors de la première cérémonie du Soulier d’Or féminin, l’année dernière elle a disputé son centième match international et cette saison elle a joué avec son ancien club RSC Anderlecht sacré champion.

Mais en tant que joueuse de foot féminine, Aline Zeler ne peut pas vivre du football. C’est pourquoi elle combine ses entraînements avec deux jobs à mi-temps.

 

 

Offrir des opportunités à d’autres filles

« Je combinais déjà mes études de Bachelier en éducation physique et le football. Par la suite – outre mes entraînements de foot le soir – j’ai toujours travaillé à temps plein. Depuis 2015, je suis responsable sport à mi-temps auprès de l’ACFF (l’Association des Clubs Francophones de Football) afin de développer le football féminin en Wallonie. Je donne en outre, à raison de quatre fois par semaine, deux heures de cours de football dans une école de sport de haut niveau pour filles à Liège.

Jusqu’à il y a peu, je jouais également moi-même au RSC Anderlecht, ce qui fait que j’étais beaucoup sur la route. J’habite à Wavre, je donne des cours à Liège, mon bureau est à Tubize et pour les entraînements, je me rendais à Anderlecht. Cela faisait beaucoup de kilomètres et de bouchons. Le matin, je partais à 7h30 et je ne rentrais à la maison qu’à 22h30. Maintenant que je suis transférée au PSV Eindhoven, je gagne pas mal de temps. Je ne le fais donc pas pour des raisons financières, mais bien pour pouvoir passer plus de temps avec ma famille. Mon horaire de travail reste intense mais je le fais avec plaisir. Le fait que je puisse offrir des opportunités à d’autres filles en vaut la peine. »

 

Sans emploi, aucune sécurité

« Ces deux dernières années, de nombreuses joueuses belges sont parties à l’étranger. Dans des pays comme la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, on gagne en tant que joueuse suffisamment pour vivre du sport. En 2010 – j’avais 27 ans – il m’a été proposé de signer un contrat avec Hamburg, une excellente équipe allemande. Les conditions étaient idéales, je ferais trois jours d’entraînement là-bas et je continuerais à donner des cours en Belgique.

Mais à l’école, je n’étais pas nommée, ce qui engendrait une insécurité. De plus, le club a tout à coup perdu un grand sponsor et des joueuses furent dès lors obligées de partir. J’ai alors fait le choix de rester en Belgique. Parce que qu’arriverait-il si demain je me blesse au genou ? Je n’aurais pas d’alternative. »

 

Prendre des congés pour le Championnat d’Europe

« Depuis 2013, nos primes ont un peu augmenté. Quoiqu’elles ne soient toujours pas comparables à celles des Diables Rouges, mais plutôt à celles d’un joueur de deuxième ou troisième provinciale. Mais cette prime plus élevée permet tout de même d’améliorer le niveau de football féminin en Belgique.

De nombreuses joueuses doivent en effet prendre congé pour pouvoir s’entraîner pour le Championnat d’Europe. Avoir l’occasion de ne penser qu’au football fait une énorme différence au niveau des prestations. Depuis le Championnat d’Europe de 2017, l’encadrement s’est amélioré : nous avons un bon coach et nous pouvons nous entraîner trois fois par semaine. Et si nous jouons un match à l’étranger, l’association de football veille désormais à ce que nous soyons sur place deux jours à l’avance. Nous avons ainsi l’occasion de récupérer avant de devoir jouer. »

 

« Le dimanche est heureusement un jour de repos »

Lenie Onzia (29 ans). Il y a un an et demi, Lenie Onzia, Red Flame, a échangé son contrat auprès du FC Twente pour une place au RSC Anderlecht. Depuis lors, elle travaille également pour ‘Voetbal Vlaanderen’ où elle coache les Yellow Flames, le deuxième degré d’une école de sport de haut niveau à Louvain.

 

Moins qu’un salaire à mi-temps

Les joueuses ne peuvent pas révéler le salaire exact qu’elles perçoivent. À Twente, Lenie gagnait en tout cas moins qu’un salaire à mi-temps. « Dans le football féminin belge, vous avez de toute façon besoin d’un revenu supplémentaire. C’est pourquoi de plus en plus de Red Flames partent à l’étranger pour y jouer en compétition. J’ai fait le mouvement inverse parce que je préférerais bénéficier d’un second revenu en plus du football.

Dans le foot belge féminin, il n’est de toute façon pas question de gros sous et j’ai maintenant 29 ans. J’aimerais évidemment continuer à jouer le plus longtemps possible, mais un jour ce ne sera sans doute plus faisable. Combiner le football et mon job de coach comme je le fais maintenant me permettra d’assurer mes arrières plus tard. De plus, je souhaite offrir un cadre professionnel aux jeunes filles talentueuses parce qu’en Belgique ce n’est pas encore tellement bien développé.

 

Une première année difficile

« La première année au cours de laquelle j’ai combiné le football avec un job fut intense. Depuis, j’ai appris à planifier et j’essaie de prévoir des moments de repos. Quel est mon horaire ? Le lundi par exemple, je donne entraînement de 8h30 à 10h30, je vais ensuite moi-même courir ou alors je fais de la musculation. Dans l’après-midi, je donne à nouveau cours de 15h30 à 18h, et par la suite, j’ai moi-même entraînement jusque tard dans la soirée.

Entre temps, je libère également du temps notamment pour l’administration, pour discuter avec d’autres membres de l’équipe, pour l’école, les clubs et les joueuses, l’analyse des vidéos, … Et c’est ainsi chaque jour. Heureusement que la compétition se passe le vendredi soir. Nous avons dès lors notre entraînement de récupération le samedi et le dimanche est un véritable jour de repos. Je peux ainsi me reposer avant d’entamer une nouvelle semaine de travail. »

« Si je ne pense jamais à abandonner ? Pour l’instant, ça me plaît toujours. D’autres sportifs sont également absorbés par leur sport sept jours sur sept. »

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